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samedi, 10 septembre 2016 20:22

Spiritualité Yoruba et spiritualité d’Ancienne Egypte, une seule et unique

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Nos esprits sont abreuvés à coups de films hollywoodiens avec des anciens égyptiens blancs ou arabes. Ainsi, même quand nous avons la donnée qui nous permet de relier l’ancienne Égypte à l’Afrique noire, il nous est parfois difficile de les relier tout de même dans les faits, cela nous parait lointain. Dans ce but nous allons ici développer les corrélations entre la spiritualité Yoruba et celle d’Ancienne Égypte.
Divinités
 
Les yorubas semblant être les dépositaires directs de la spiritualité de Kemet (le vrai nom de l’ancienne Égypte), même leurs divinités peuvent êtres rapprochées.
Orisha : C’est le terme qui désigne les divinités-hypostases en Yoruba, le mot représente lui-même la dualité du combat des deux opposants éternels, Hor (Horus) et son oncle Southé (Seth). Ori est une yorubaïsation (nous allons employer ce terme purement inventé, désignant ici, le passage d’un terme étranger par quelques règles grammaticales Yoruba, pour être intégrer à la langue Yoruba) de Hor. Et Sha est le nom de l’animal représentatif de Southé, qui est l’Oryctérope. Il est d’ailleurs représenté en tant que hiéroglyphe déterminatif (un hiéroglyphe qui a pour seul fonction de préciser un mot) quand on écrit le nom de Southé en Médou Netjer (langue morte, ancien et moyen égyptien). Le terme Orisha a donc une signification très lourde en croyances venues de Kemet.
Oloroun ou Oni-oroun : le nom de l’entité suprême des Yoruba semblent être un nom dérivé du titre Seigneur du Paradis attribué à Osiris. Oroun étant une Yorubaïsation du mot Hérou (jour, « paradis ») utilisé à Kemet.
 
Eshu le messager (ci-dessous), est quant à lui une compilation de Shou et Southé (Seth), dans la spiritualité de Kemet, il n’était pas rare que des divinités fusionnent ou se spécialisent en une divinité « à part », ainsi donc chez les Yoruba, Eshu (yorubaïsation de Shou) et Southé ont fusionné.
 
 
Eshu, le messager.
 
Ifa (la divinité en elle-même et non l’acte de divination) est une yorubaïsation du titre d’Ousiré (Osiris) c'est-à-dire nefer (parfait, beau).
Obatala le potier, Oba est roi en Yoruba, ala ou iala en copte désigne le Nil, donc cela veut dire Roi du Nil, il peut être aisément rapproché de Khnoum, lui-même potier et contrôleur des crues du Nil.
 
Odudua veut dire maitresse (Odu) de l’autre monde (Dua dérivé du mot douat en Médou Netjer), en prenant son autre nom Yemu-u, on parvient en utilisant à la fois le Yoruba (ye mère ou vivante) et mu-u dérivé de Mout du Médou Netjer, à comprendre qu’Oddudua est Mout.
Yemaya, Yemoja est la contraction de Yeye-omo-eya qui signifie Mère des Poissons, est une survivance des deux Meret.
Egungun n’est rien de moins que Shou lui-même, goun est une duplication du mot Shou Yorubaïsé, la duplication d’un même mot est courante dans toutes les langues africaines. Cela permet d’accentuer un fait, ou de marquer le passage a une étape supérieure. Egoungoun est donc la survivance de Shou et de la croyance au Ka (énergie vitale) qui lui est lié.
Agemon est d’autant surprenant, en effet, Ge est la contraction de Geb et Mon celle d’Amon. Il est donc Geb-Amon.
Nous voyons que les Orishas sont en lien direct avec les Netjerou (hypostases de Kemet). Nous allons maintenant passer aux pratiques elles-mêmes.
Clergé
 
Les statuts, pratiques, et titres des prêtres ont cela en commun dans les deux cultures :
- ils ont un statut important au sein de la population, et le crédit qu’on leur accorde l’est tout autant, cela se justifie par le fait qu’ils ont en charge les affaires divines, et qu’ils sont amenés à assister les autorités traditionnelles.
 
- la fonction de prêtre se transmet souvent de manière héréditaire.
- les chanteuses et prêtresses sont nommées demoiselles ou femmes de Dieu.
- une vierge était consacrée (j’ai bien dis consacrée et non sacrifiée) à une hypostase précise.
- les habits blancs et éventuellement rouge des prêtres.
- le titre de prêtre ouab (pur) en Kemet a survécu dans le mot yoruba wa, qui signifie pure également.
- le titre de prêtre Soua (consacré) en Kemet a survécu dans le mot yoruba Sa ou Cha qui signifie nettoyer ou purifier en nettoyant.
- le titre de prêtre Kher-ib (sous le cœur/esprit) en Kemet a survécu en passant par une yorubaïsation et est ainsi devenue Akarigbe.
Il était à l’origine un titre de prêtre qui est maintenant le titre d’un chef. Le même terme a subi une yorubaïsation différente du fait de la sous ethnie Egba, cela a donné Keribo, qui est maintenant un nom propre chez eux.
 
Mout et Amon, couple primordial.
 
La pratique de la prière
 
De même la pratique de la prière suit un tronc commun :
 
-des autels sont érigés dans un coin de chaque maison familiale, et les prières sont faites au nom de la famille par l’ancien de la famille.
- à chaque jour est dédié à une divinité bien précise suivant un calendrier liturgique.
-la divinité suprême est louée mais pas priée directement.
-les statuettes et statues servent de focus (là où l’énergie de la prière est collectée) aux prières.
Nous voyons donc ainsi des liens tangibles qui nous permettent de dire que la spiritualité de Kemet est pratiquée jusqu’à aujourd’hui. Ainsi réaffirmons l’héritage laissé par nos vénérables ancêtres pour que nous soyons enfin nous-mêmes.
 
Sources : The Religion of the Yorubas – Olumide Lucas ; La Mythologie Egyptienne – Nadine Guilhou et Janice Peyre.
 
Par Yamessou Sabénou
Lu 11371 fois Dernière modification le vendredi, 16 septembre 2016 00:12

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