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vendredi, 07 août 2015 00:00

La femme africaine dans l'antiquité

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NOUVEL AN KAMIT 6252 A ABIDJAN ; CONFERENCE DE ETTE THEODORE SUR LA FEMME AFRICAINE DANS L’ANTIQUITE

        Ce texte est le résumé d’une conférence donnée par le frère Etté Théodore à l’occasion de la commémoration du nouvel An Kamit 6252 organisée par la Division Afrocentricity International d’Abidjan,  le samedi 18 juillet 2015 au Centre Culturel Panafricain. Etté Théodore est docteur en mathématiques, enseignant - chercheur à l'université de Cocody et responsable de la langue phraonique au Cours d'Egyptologie et d'Histoire des Civilisations Africaines.

 

Une étude de la femme africaine dans l’histoire commence, nécessairement avec « l’Ève africaine » Lucy, notre ancêtre à tous, l’humanité découverte en 1959 par Louis et Mary Leakey, dans la vallée de l’Oldway en Afrique de l’Est. Lucy vécut il y a plus de 3.5 millions d’années.

Ensuite vint la période de l’Antiquité, ou grâce au déchiffrement des  hiéroglyphes (Medou Neter), sur les monuments, les stèles, dans les tombes, et aux nombreuses fouilles archéologiques dans la vallée du Nil, nous pouvons dire que la femme Africaine jouissait en ces temps-là, d’un grand prestige sur le plan social, économique, politique et religieux. (cf IVAN VAN SERTIMA : « BLACK WOMEN IN ANTIQUITY).

L’élément historique primordial qui a déterminé le statut de la femme africaine et sa contribution au développement des sociétés dans l’antiquité de l’Afrique est à n’en point douter : le matriarcat ou système matrilinéaire.

Par définition, le matriarcat ou système matrilinéaire est un régime juridique ou social en vertu duquel la parenté se transmet par les femmes ; la seule filiation légale étant la filiation maternelle. C’est un régime ou la femme a un rôle prépondérant et qui ne reconnait que l’ascendant maternel.

Il a été pratiqué dans toute l’Afrique, dans l’Antiquité, le moyen Âge, à l’époque moderne actuelle. Les sociétés africaines qui émigrèrent à l’origine de l’humanité, pour peupler les 4 autres continents de notre planète Terre, l’y emportèrent. C’est ainsi qu’on signala des sociétés matriarcales dans l’Angleterre ancienne, l’Europe Ancienne de façon générale selon Marija Gimbutay qui a écrit « GODS and GODDESSES of OLD Europe ,7000 to 3500 Before CHRIST ».

Les structures sociales anciennes de KEMET, étaient foncièrement matriarcales, de même qu’au moyen-âge, celles de Ghana Ancien et du Soudan Central Ancien, actuellement Mali, pour citer que ces deux-là.

Dans le système matrilinéaire ou matriarcat, le Pivot de la société est la femme.

C’est elle qui transmet tous les droits politiques et assure la pureté de la lignée comme pour confirmer le dicton populaire « Si tu veux connaitre ton père, demande à ta mère ».

C’est aussi l’élément féminin que se transmet l’héritage, le neveu héritant de son oncle maternel et jamais de son père. C’est par le même élément féminin que se transmet l’accession au trône.

La fille aînée du Pharaon, était la légitime héritière du pouvoir royal, du trône.

La femme africaine dans l’antiquité, dans le bas peuple, comme au niveau des hautes couches sociales, possédant des biens, des propriétés, avait les mêmes droits et pouvoirs que l’homme, jouissait d’une liberté totale contrairement à la femme indo-européenne de la même époque, qu’elle soit grecque ou romaine. Elle n’était pas vue comme un appendice de l’homme, mais comme son égal divin. Le couple était l’unité religieuse et sociale ; la femme était, l’alliée et le complémentaire de l’homme. L’affectation pour la mère et surtout le respect dont il fallait l’entourer étaient le plus sacré des devoirs ; rappelez-vous il n’y a pas si longtemps et même maintenant encore dans nos villages, quand on profère certaines injures envers notre mère, c’était une question de vie ou de mort pour relever ce défi.

C’est avec l’islamisation de l’Afrique Occidentale puis après par la conquête de l’Afrique par les Européens c’est-à-dire des sociétés sémitiques et indo-européennes patriarcales comme on le sait que le patriarcat s’est substitué partiellement et progressivement au matriarcat.

En Côte d’Ivoire, notre pays, le matriarcat a été « supprimé »  par le Code civil il n’y a pas longtemps de cela et l’enfant peut hériter maintenant de son père, sans être sûr  pourtant que cela se pratique partout.

Signalons aussi en passant que le seul système matrimonial pratiqué en Égypte Ancienne et ailleurs peut être, dans l’antiquité Africaine était la monogamie. Jusqu’à la fin de l’histoire Egyptienne, le peuple est resté monogame. Seuls les princes à des degrés différents selon leur fortune pratiquaient la polygamie.

Pour terminer notre propos, citons quelques noms de femmes africaines célèbres dans l’antiquité justement à cause de ce statut social élogieux, que leur prouvait le matriarcat.

On peut citer au Soudan Ancien : les Candaces, qui ont régné 600 ans (de -300à +300). Elles étaient réputées comme de grandes bâtisseuses et de redoutables guerrières. La plus célèbre d’entre elles était Amani Shaketo qui mit en déroute les envahisseurs romains sous le règne d’Auguste César.

C’étaient des femmes puissantes et très indépendantes. On peut citer aussi une femme Africaine du Soudan ancien ou Éthiopie, ou Belkris pour les Arabes. Un passage de la Bible nous apprend qu’elle rendit visite au roi Salomon, Roi des Hébreux, vers l’an 1000 av JC.

L’enfant qu’elle porta de lui par leur union, Menelelik, entama la lignée des rois Éthiopiens «  Salominides » qui marqua une interruption de 300ans et continua droit jusqu’au dernier roi s’étend de -1000 à +1000 soit 2000 ans ou les femmes africaines régnèrent dans cette région de l’Afrique.

En Égypte ou Kemet, on peut citer comme femmes africaines célèbres : Maakare (actuellement Makoura), Hatchepsout régente de Thoutmosê III puis Pharaon d’Egypte par la suite.

Mery-Neith de la 1re dynastie (-3100 ;-2890), Menkare communément appelée Nicotris par les Grecs, Ahmosê Nefertari Merenmout, la reine Tiyi de mère soudanaise ; fille de Thouya (sa mère) et de Youya (son père). Elle épouse d’Amenophis III avec lequel elle eut le célèbre Pharaon Neferkheperourê Amon-Hotep ou Aménophis IV c’est-à-dire tout simplement Akenaton .

Citons pour terminer, la reine Neferou-ity (mot à mot « la belle souveraine ») encore appelé Nefertiti, mariée à Akhenaton, avec qui elle eut six filles.

Et finalement la reine Cléopâtre, lors de l’occupation grecque de l’Égypte, de mère Soudanaise elle aussi.

En résumé nous constatons donc qu’entre l’antiquité et le 21e siècle aujourd’hui les femmes africaines ont beaucoup perdu de leurs attribut, avantages et privilèges sociaux au profit des hommes, mais elles continuent de se battre jusqu’à nos jours.

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