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samedi, 27 septembre 2014 00:00

Le patrimoine africain, fondement de la renaissance africaine

Écrit par

Communication au « Colloque International sur la Renaissance Africaine et l’Afrocentricite », organisé par le département de philosophie, le bureau des doctorants en histoire de l’université FELIX HOUPHET BOIGNY d’ABIDJAN, l’association Afrocentricity International et l’association Kemetmaat-Abidjan le 26 octobre 2013.

Le colloque sur la renaissance africaine invite tous les Africains à réfléchir sur leur patrimoine et le rôle que ce patrimoine peut jouer dans la construction de l’Afrique. Mais que représente l’Afrique pour nous ? Que savons- nous de son patrimoine ?

I. L’IMPORTANCE GEOGRAPHIQUE, CULTURELLE ET ECONOMIQUE DE L’AFRIQUE

L’Afrique est la terre où le 1er homme et la civilisation sont nés. C’est le 3e grand continent du monde par sa superficie : 30 millions de km² après l’Asie (44 millions de km²) et l’Amérique ( 42 millions de km²) .L’Afrique est formée surtout de plateau, mais souffre de 3 handicaps : Les chaînes montagneuses du Maghreb et des déserts du Sahara, de Namibie, du Kalahari en Afrique du sud et de la rareté des pluies dans ces régions désertiques. Cependant l’Afrique possède plusieurs sources de vie, qui fondent son existence et sa force :

  • Un climat chaud et pluvieux toute l’année
  • 2 grandes mers de communication, commerciales et poissonneuses (l’océan atlantique et l’océan indien).
  • De grands fleuves de communication, de commerce et d’intégrations interrégionales : le Nil, le Congo, le Niger, le Zambèze, l’orange, le Sénégal. En Côte d’ivoire nous avons plusieurs fleuves, lagunes, lacs et rivières qui contribuent au développement agricole et hydroélectrique de notre pays (Bandama, Cavally, Comoé, Sassandra, l’agneby, la bia, la san Pedro…)
  • 2 grandes zones forestières, de l’Afrique centrale (le Cameroun, Congo, Gabon…) à l’Afrique de l’ouest (la Côte d’ivoire, Guinée, Liberia, Ghana …) donnent une importante couverture végétale, un sol fertile et une pluie abondante, riches d’une production agricoles diversifiés et de plantes médicinales pour satisfaire nos besoin quotidiens : forets, banane , igname, manioc, taro, patate, fruits-citron, orange, pamplemousse, papaye, mangue, avocat, légumes-ail, oignon, piment, poisson, viande ; métaux-bauxite, cuivre, diamant, or, chrome, charbon, fer, gaz naturel, pétrole, manganèse, uranium, etc.…
  • L’Afrique a une population en majorité paysanne, commerçante et travailleuse, mais peu qualifiée dont les conditions de travail et de vie sont révoltantes au vue de l’abondance des ressources naturelles, agricoles et minières disponibles.

Enfin, la civilisation africaine, préhistorique et historique, riche par son contenu et ses formes, reflet le génie créateur et le savoir- faire de nos de notre peuple : agriculture, alimentation, arts (architecture, sculpture sur bois, sculpture sur bronze, art décoratif), ameublement, artisanats, industries, littérature, médecine, vêtement, etc. Mais tout ce patrimoine géographique, historique et culturel, et son utilité pour la construction de l’Afrique sont méconnus de nos enfants et des couches socioprofessionnelles, faute d’un vrai projet culturel et scolaire. En revanche, depuis l’Egypte ancienne des pharaons noirs, les ex-Etats coloniaux européens: l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne, la France, le Portugal, tirent profit de la civilisation Africaine, ancien ou moderne, avoue Jean-Marcel Humbert, historien et conservateur général du patrimoine au musée du Louvre à paris : « l’égyptomanie a commencé bien avant le XVIe siècle. Un gout égyptien se répand en Europe, et imprègne la société parisienne. Par exemple : au XVIIIe siècle, MARIE- ANTOINETTE (reine de France) commande des fauteuils et des chenets dotés de têtes égyptiennes >> (JEAN MARCEL HUMBERT, LIBERATION DU SAMEDI 10 décembre 2006, p.4).

Le voyage d’Égypte de Bonaparte et ses 154 savants le 1er juillet 1798 donne naissance, dès cette époque-là, à l’égyptologie et au pillage des objets d’arts et industriels égyptiens. ( pour les archéologues, la lecture des hiéroglyphes c'est-à-dire les écritures ou textes égyptiens anciens par l’archéologue Champollion en 1822 est la véritable date de naissance de l’égyptologie.). La publication des savants français sur la civilisation égyptienne : La description de l’Egypte (1809- 1829), aura une grande influence sur la société française, précise Jean-Marcel Humbert : << on a vu apparaître à paris des monuments à l’égyptienne comme la fameuse fontaine du fellah de sèvres ou celle du châtelet. Isis devient la patronne de paris, orne l’un des frontons du Louvre. Très vite, l’Égypte s’est répandue dans les décors intérieurs, dans le mobilier, dans les services de table de sèvres. >> (Libération. Samedi 9 décembre 2006, p.4)

Aujourd’hui en Europe, tous les grands musées possèdent, des milliers d’objets pillés du patrimoine africain : british muséum de Londres ; en France : musée du Louvre, de saint-germain de sèvres, muséum d’histoire naturelle, laboratoires des universités, laboratoires des centres de recherches scientifiques et techniques, laboratoires des sociétés industrielles, les ateliers de coutures, etc. voici a titre d’exemple, les objets chiffrés du patrimoine du monde entier détenus injustement par le musée de l’homme crée à paris en 1878 : 300.000 objets et 230.000 ouvrages (le point du 15 janvier 2006 ). Depuis les indépendances africaines en 1960, les gouvernements européens refusent de nous restituer notre patrimoine, sous prétexte qu’il est à l’abri des dégradations climatiques (chaleur et pluie) et du vol. Mais en réalité, pourquoi l’Europe refuse-t-elle de nous restituer notre patrimoine ?

Il y a 2 raisons :

  • l’Europe continue de piller l’Afrique
  • des raisons économique et scientifique. Voici un exemple bien illustré: "Quarante-neuf flacons de fards à paupières, en pierre dure, céramique, roseau ou bois, rapportés d’Égypte de l’expédition Bonaparte (1798-1801), ont fait l’objet pendant près de trois ans de recherches extrêmement poussées, par la société l’oréal et le laboratoire des musées de France"

Les conclusions de cette étude révèlent que :" Hommes, Femmes et enfants, pharaons comme paysans, tous les égyptiens de l’antiquité se fardaient pour se parer ou se soigner. Leurs chimistes, particulièrement doués, avaient percé le secret des produits de synthèse, des crèmes très proches de celles d’aujourd’hui". (Le progrès Lyon-vendredi 24 septembre 1999, p.23). Ainsi, avec les résultats positifs des travaux en laboratoire, des musées de France, la société l’oréal peut produire des crèmes semblables à celles de l’Egypte ancienne. N’est pas ce que l’on appel aujourd’hui la contrefaçon des produits et du savoir-faire industriels et scientifiques d’autrui ?

L’exemple de l’Oréal nous montre bien que l’Europe tire beaucoup d’avantages culturel, économique, commercial, industriel, scientifiques, touristique et financier à conserver le patrimoine africain chez elle. Ce patrimoine leur sert d’outil de travail, de réflexion et de création de biens ou d’objets nouveaux qui viennent inondés les marchés mondiaux.

C’est aussi le contrat que fait Joseph ki-zerbo :" Aujourd’hui, les savants européens s’intéressent aux trouvailles de l’Afrique. Ils viennent ramasser les écorces, les racines, les feuilles afin d’essayer d’en découvrir le principe actif pour la production de remède″. (Joseph ki-zerbo- a quand l’Afrique ? éditions d’en-bas, Lausanne, suisse, 213,p. 115).La richesse de notre patrimoine et la soif des européens a se l’approprier montre bien que l’Afrique a les moyens de sa renaissance.


II. NOS OBJECTIFS POUR LA REUSSITE DE LA RENAISSANCE AFRICAINE

Nous devons avoir 3 objectifs à l’esprit si nous voulons réussir la renaissance africaine :

  1. Œuvrer a la prise de conscience historique de la population : nous sommes descendants, en dépit des 50 états coloniaux, d’un ancêtre commun et nous avons une histoire commune.
  2. Faire connaître notre patrimoine naturel (l’Afrique et ses richesses), nos productions intellectuelles (l’organisation politique, les langues, la littérature (philosophie, conte, music, jeux, religion …), et matérielles (l’architecture, l’alimentation, l’habillement, l’ameublement, les outils de travail ; etc. qui constituent les racines fondamentales de l’âme africaine de son identité et de son existence. Sans la connaissance, point de progrès.
  3. Faire la valorisation de notre patrimoine et sa diffusion ,dès le primaire et au près des couches socio-professionnelles, par la pratique des activités intellectuelles, manuelles et artistiques afin d’assurer sa pérennité et son développement. C’est une tradition culturelle et éducative de l’Afrique ancienne, oubliée, que nous devons réhabiliter.


III. LES CONDITIONS DE REUSSITE DE LA RENAISSANCE AFRICAINE

Les conditions de réussite de la renaissance africaine sont complexes. Son succès dépendra de plusieurs facteurs :

  1. Les buts et les enjeux de la renaissance doivent être expliqués clairement à la population : S’unir pour des projets communs, pour exister et pour construire librement l’Afrique. ceci passe par la promotion de nos idées de renaissance, le changement de mentalité de la population qui raisonne en nationalité (je suis Angolais, je suis burkinabé, je suis congolais, je suis ivoirien, etc.) et par la fin des rapports de domination que nous imposent les ex-ETATS coloniaux.
  2. L’Afrique libre.

Jusqu'à sa rencontre, au16e siècle, avec les états européens esclavagistes, l’Angleterre, l’Espagne, la France, la hollande, le Danemark, l’Allemagne, le Portugal, les Etats-Unis, l’Afrique était un continent libre, auto-suffisant, et indépendant. Son déclin commence dès cette époque-là, à l’appel du PAPE NICOLAS V qui demande aux états européens esclavagistes de faire la guerre sainte aux africains, de les réduire en esclavages et de piller leur patrimoine :( BULLES PAPALES : bulle Dum diversas du 18 juin 1452 et la bulle Romanus du 8 janvier 1455). Depuis la fin de la traite négrière (16e-19e siècle), l’Afrique est menacée en permanence par ces mêmes états esclavagistes et leurs sociétés multinationales dont les buts de guerre sont : l’occupation de l’Afrique (bases militaires) et le pillage de ses richesses. L’on aboutit ainsi, après 130 ans de colonisation (1830-1960) ajoutés à 54 ans de néo-colonialisme (1960-2014) aux résultats suivant : 184 ans de dictature coloniale appauvrissant, de guerres, de pillages, d’assassinats politiques et de sous- développement de l’Afrique .D’une manière générale, depuis 6siècles (16e-21e siècles), l’Europe capitaliste et armée fait une guerre permanente contre l’Afrique pour ses matières premières, son marché et son patrimoine culturel.

Pour notre suivie et pour notre liberté, l’Afrique doit se donné tous les moyens d’auto-défenses et de gestion d’un ETAT libre :

1.  L’Afrique ne doit plus accepter les crimes économiques et politiques sur son sol : L’esclavage, la colonisation, la dictature, la guerre. C’est la source de son   retard.

2.  Le rôle de nos états.

Le rôle de l’état africain doit être la défense de notre terre, de notre liberté, de notre constitution, de notre souveraineté, de nos ressources, de notre sécurité, et d’assurer le bien-être moral et matériel de la population… un gouvernement qui ne respecte toutes ces choses est un gouvernement dangereux et inutile à son pays.

Depuis la crise alimentaire et financière en 2007, des états et banques étrangers (Corée du sud, japon, inde, Arabie saoudite, deutsche Bank, land om en Angleterre, per gram finance en France…) achètent, en complicité avec la banque mondiale, la banque européenne pour la reconstruction et le développement……………….des terres agricoles en Afrique, en Amérique latine et en Asie ( l’humanité dimanche – 12 mars 2009, p.71) Pour l’Afrique, voici un tableau des acquisitions de terres par les sociétés étrangères que dénoncent les chercheurs africains :" Benin( 1050900 ha), Burkina Faso ( 800 000 ha), Cote d’ivoire ( 147 200 ha), Guinée ( 106 415 ha), Guinée Bissau ( 3000 ha), Malin ( 688 296 ha), Niger ( 45 891 ha), Sénégal ( 409 770 ha), et Togo ( 7706,5 ha) ″, ( le nouveau courrier ( Abidjan) № 731- mercredi 20 février 2013, p.3).Voila la recolonisation et la guerre de libération que nous préparent demain les Wade et autres responsables africains.

Au Sénégal, les organisations paysannes, les partis de gauche et la société civile ne veulent pas de cette politique de vente de terres, conclut IBRAHIMA SENE, responsable des questions économiques au parti de l’indépendance et du travail (P.I.T) ;" IL faut barrer la route à la privatisation des terres. L’exploitation agricole familiale doit être la base et le fondement du développement agricole du Sénégal″ (H.D.12 mars 2009, p.70)

3.  La renaissance africaine, c’est aussi l’auto-suffisante alimentaire. Nous devons changer nos pratiques agricoles héritées des états européens parce que la terre n’est pas un patrimoine comme les autres. C’est notre habitat et notre mère nourricière. Le paysan africain doit avoir à l’esprit l’idée de santé publique pour la terre et l’homme.IL doit arrêter d’utiliser les produits chimiques qui empoisonnent les aliments et rendent l’homme malade : eau polluée, cancer, stérilité, malformation physique…

Depuis 1945, les industriels de la chimie et les pouvoirs publics ont caché les effets dangereux des produits chimiques à la population, au nom de produire plus et gagner plus, révèle François veillerette, président du mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) :

" on peut bannir les insecticides de synthèse, on peut jardiner ou gérer ses espaces verts sans herbicides et produits de traitements. Ce sont des produits (dangereux) qui vont exposer non seulement le jardinier, mais toute la famille, car il est prouvé que les produits rentrent dans la maison par les poussières, les particules de terre, les animaux domestique…( Metro France. Environnement. Ma planète. Jeudi 29 mars 2007, p.8) (François veillerette est l’auteur du livre : pesticides, révélations sur un scandale français, éditions Fayard.). Par mon expérience villageoise, nos paysans peuvent produire sain et moins cher, à condition de renouer avec le savoir-faire de nos ancêtres ( je ne dis pas que nous ne devons pas fabriquer des machines agricoles) :engrais naturels, rotations des cultures, paysan polyvalent ( agriculteur-éleveur, agriculteur-pêcheur, agriculteur agro-industriel : nos ancêtres avaient des industries : huile, savon, crème corporelle, chaussure,…que la colonisation a détruites. Ce que nous appelons aujourd’hui : agro écologie ou agriculture biologique est une vieille pratique agricole de nos ancêtres. D’une manière générale, la renaissance africaine est face à plusieurs défis :

    • Arrêter nos états de vendre nos terres aux sociétés étrangères l’Afrique doit pouvoir se nourrir elle-même ;
    • Former des agriculteurs polyvalents car l’agriculture est une science multifonctionnelle.
    • Encourager la production du vivrier pour faire face à la croissance démographique et pour prévenir la famine. En un mot pour notre autosuffisance alimentaire contre une dépendance extérieure, couteuse et ruineuse.
    • Encourager l’utilisation des ressources naturelles, respectueuses de la santé de l’environnement et des êtres vivants contre les intrants et les semences artificielles, couteux et nocifs.
    • La croissance démographique et l’urbanisation anarchique, dévoreuse de terre agricole. De même notre architecture actuelle est mauvaise parce qu’elle fait table rase de notre patrimoine ancestral. Elle est méconnaissable et indécente : forme monotones, absence d’infrastructures culturelles (bibliothèques, musées, théâtres, sports,…), étalement des constructions, petitesse des routes et des rues piétonnes, etc.…
    • La transformation de nos ressources en produits finis, la création d’emplois et le partage des richesses sont un gage certain pour l’équilibre de notre société et pour la renaissance africaine.

IV. LA FORMATION DE L’HOMME AFRICAIN

J’entends par formation, l’éducation morale, la formation historique et philosophique, la formation professionnelle et les savoirs-faires culturels, scientifiques et techniques gravés dans les objets fabriqués, acquises, de la petite enfance à l’homme adulte. Telles était les bases de formations dans la société africaine autrefois. Au temps des colonies, l’organisation politique des états africains, l’histoire africaine, l’éducation morale et philosophique, les langues africaines, les arts,… étaient interdits d’enseignement par le pouvoir colonial français afin d’asseoir la domination politique, culturelle et économique de la France en Afrique .L’article 64 de l’arrêté du 10 mai 1924 du gouverneur général de L’A.O.F brévié sur l’enseignement en Afrique est un coup mortel porté contre le patrimoine africain, à sa culture et ses langues :

" Le français est seul en usage dans les écoles. IL est interdit aux maitres de se servir avec leurs élèves des idiomes du pays″.

La formation doit être pour nous africains, la 1ere fondation, comme celle d’une maison, de toutes les fondations de la renaissance africaine. La formation est l’outil fécond de notre liberté et du progrès. Celle-ci doit commencer avant toute chose, par l’enseignement de notre histoire et la morale. Cette histoire doit nous informer sur :

  • notre origine c'est-à-dire qui nous-sommes?
  • Réponse : Nous sommes des noires africains.
  • Qui sont nos ancêtres ?
  • Réponse : ce sont les premiers hommes de la préhistoire, nés en Afrique avant d’aller peupler le monde. C’est pourquoi il est admis aujourd’hui par les scientifiques que l’Afrique est le berceau de l’humanité.
  • Notre patrimoine intellectuel et matériel et son utilité : agriculture, arts histoire, littérature, médecine, industries, religion, etc.

L’éducation morale ou philosophique est une fondation précieuse de notre renaissance. Une société amorale est une société fragile et victime de ses propres maux : corruption, mensonge, tricherie, vol, guerres, assassinat, etc. Nos ancêtres attachaient une grande importance à la culture et à l’éducation morale pour prévenir ces maux et bâtir une société prospère et solide. Les moyens de culture et d’éducation qu’ils nous ont légués existent : arts, conte, proverbe, texte historique, pensée philosophique, jeux, etc. Mais ils sont absents des manuels scolaires et inconnues des couches socio-professionnelles actuelles, par manque d’équipements socioculturels dans les villages et villes. Voici un conte africain que nous ne devons jamais oublier : QUAND LE SINGE TRAVAILLE LA TERRE.

C’est un chef- d’œuvre de la littérature populaire contre la paresse, la tricherie, le vol,. C’est un texte pour l’éducation au travail, il invite hommes, femmes et jeunes à l’effort :

" Un jour, un singe décida de se mettre à cultiver la terre un matin, il partit pour retourner son champ.IL y sema des cacahuètes et les arrosa ; puis il revint le soir et les ramassa toutes. Durent la nuit les autres singes, qui le matin l’avaient vu semer, se dirent :

    • Allons manger les cacahuètes qu’il a mises dans son champ. Mais ils ne trouvèrent plus rien.ILS se rendirent au près du singe, leur frère et lui demandèrent:
    • Pourquoi as –tu déjà ramassé les cacahuètes que tu venais de semer ? celui-ci leur répondit :

Vous voulez manger des cacahuètes ? Eh bien ! Vous n’avez qu’à en semer comme moi ! c’est tout ce patrimoine intellectuel et matériel que notre ancêtre, le savant cheikh anta Diop présente dans son ouvrage : "Nation nègres et culture ,( présence Africaine,1954,1979 ) , patrimoine nègre que des scientifiques européens ont frauduleusement blanchi :

"L’homme noir a crée toutes les valeurs de la civilisation dans le domaine culturel et scientifique : la mathématique, la trigonométrie, l’astronomie, la médecine, la littérature, les arts…valeurs transmises à la Grèce au VIe siècle. En effet, les grecs étaient allés s’instruire en Egypte. Champollion, Maspero, Brested, et toute une lignée de savants occidentaux ont délibérément falsifié l’histoire, persuadés que tous les autres peuples n’ont été mis au monde que pour servir l’Europe. Et c’est sur la base de leur falsification qu’on a formé des générations d’occidentaux ". (Le testament de cheikh anta Diop. Ivoire- dimanche n° 785-23 février 1986, p. 38.) Cheikh anta diop, ses prédécesseurs et successeurs (Aimé Césaire : nègre je suis, nègre je resterai, ABLIN MICHEL, 2005) ; THEOPHILE OBINGA :pour une nouvelle histoire, présence africaine,1985) ,nous donnent des outils de réflexion et de travail pour la renaissance africaine

V. LA LOI FONDEMENTALE DE L’ETAT

La loi est faite pour protéger les citoyens et punir les tricheurs et les criminels qui ne la respecte pas. Les pouvoirs publics, choisis par le peuple, doivent veiller au respect de la loi par tous et respecter eux-mêmes la loi. Un gouvernement ou un citoyen qui ne respecte la loi est dans un Etat de non droit et d’anarchie.
Dans la société kamite de nos ancêtres égyptiens, la loi fondamentale qui régit l’état égyptien : rois, paysans, artisans, ouvriers, fonctionnaires, prêtres, étrangers s’appelle la maât. Cette loi fondamentale qui est a la fois la constitution de l’état égyptien, le code civil, le code moral, le code religieux a 2 significations :

  • La maât est la déesse chargée de veiller, sous le regard du roi pharaon, au respect de la maât par tout citoyen égyptien.
  • La maât est, précise le professeur Bernadette menu (égyptologue, historienne et juriste), " ordre, vie, équilibre, cosmique, vital et social, paix, prospérité, justice, équité, vérité." Son antonyme, ou son contraire) c'est-à-dire son ennemi est l’Isfet (mot égyptien ancien) : "désordre, chaos mortifère, misère, ennemis, iniquité, injustice, désintégration sociale, mensonge" (Bernadette menu. Maât. l’ordre juste du monde, éditions Michalon, 2005, p.9-10)

L’Etat égyptien, gouverné par le roi pharaon (Amon-Rê), représentant de DIEU sur terre, protège un ordre à la fois cosmique et terrestre, divin et humain, contre le chaos et le mal. C’est un ordre global qui régit la nature et la société organisée, rappelle JEAN YOYOTE, professeur d’égyptologie au collège de France, que pharaon a pour mission :<< d’assurer la sécurité et la prospérité contre le chaos originel se manifestant notamment par l’invasion des populations extérieurs à l’Égypte." (Eurêka. N° 35-septembre 1998, p.58.). Sur le plan religieux, le peuple égyptien était croyant et respectait la maât pour mériter la vie dans l’au-delà après la mort. La civilisation égyptienne enseignait des valeurs de vie : philosophie, sagesse, maât qui, aux dires de Pascal vernus, a donné naissance au livre sacré des catholiques : la bible (pascal vernus- Retour aux sources de l’Égypte, collection « la salamandre », imprimerie nationale, 2002, 424P.)

L’Etat égyptien a duré 3 millions d’années. Du jamais vu. La fondation de sa longévité est la maât. Que constatons- nous aujourd’hui en Afrique ?

  • Des Etats africains qui parlent d’union africaine et qui ne respectent pas la loi fondamentale de l’organisation (union africaine) qui condamne le coup d’état ou la prise de pouvoir par la force.
  • Que constatons-nous encore ?

Des Etats qui collaborent avec des Etats colons pour faire la guerre à un gouvernement démocratiquement élu, comme en cote d’ivoire en 1910.

  • Que constatons- nous encore ?

Des assassinats politiques.

  • Que constatons- nous encore ?

Des censures contre la pensée, la parole et l’écrit. Toutes ces pratiques étouffantes de gouvernement sont contraires à notre culture démocratique et à notre organisation politique : l’arbre à palabre, la démocratie des classes d’âges, la chefferie, la royauté. Une réhabilitation de nos valeurs démocratiques est une condition vitale de la renaissance africaine

VI. CONCLUSION

Voici brièvement présenté les bases premières de la renaissance africaine : le patrimoine intellectuel et matériel et les conditions à respecter pour assurer sa réussite. La suite des éléments qui doivent aider à cette réussite sont : confiance en soi réflexion, mise en commun des projets et des moyens, mise en place des institutions de développement (écoles, centres de recherches, industries, etc.), volonté et travail. Le développement ne s’exporte pas.

BONI MEL,
Historien - chercheur à Afrocentricity international et à Kemetmaat.

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