suivre
samedi, 27 septembre 2014 00:00

Pourquoi nous ne pouvons pas endorser Marina Silva

Écrit par

Le Brésil n’est pas sur le point d’accomplir l’exploit américain et d’élire sa première présidente Noire. En tout cas, pas si cela dépend de la communauté Noire. En 2010, lorsqu’elle fut candidate aux élections présidentielles pour la première fois, Marina Silva déclara qu’elle voulait ètre “la première femme Noire d’origine modeste, présidente de la République Fédérale du Brésil.” Il est cependant clairement apparu que notre espoir d’avoir un leardership sérieux et engagé pour la défense des intérèts des Africains au Brésil ne se réalisera pas avec Marina Silva. En effet, la femme Noire d’origine modeste et qui grandit dans la zone de production de caoutchouc de l’Amazonie semble avoir oublié ses origines alors mème qu’elle signe des pactes avec l’élite Blanche euro-brésilienne. La candidate, selon l’IBOPE (l’Institut Brésilien d’Opinion Publique et de Statistiques), est en tète au sein des électeurs Blancs. Et pourtant, elle semble ètre derrière Dilma, la première femme et actuelle présidente, au sein des électeurs Noirs. Pourquoi est-ce le cas?

Au cours de la campagne actuelle, Marina Silva n’a pas mentionné, mème une seule fois, le fait qu’elle soit Noire! Ayant obtenu le soutien et le sponsoring d’importants acteurs de l’élite brésilienne, son agenda politique n’inclut ni les besoins ni les exigences de la population Noire comme priorités. En effet, dans un document de plus de 200 pages, et dans lequel elle expose son programme, seulement 4 pages sont réservées aux questions qui concernent notre people – remarquez qu’il s’agit ici d’un pays qui il y a 126 ans maintenait encore les Africains en esclavage et nous utilisait pour construire le Brésil. Ce fait est encore trop récent pour que l’on ne lui accorde pas l’attention qui se doit, plus particulièrement parce que le racisme a été et continue d’ètre le pillier fondateur et structurant de cette soi-disant “démocratie raciale” mythique.

Le Brésil a signé des traités et des accords pour les Droits Humains des Nations Unies qui exigent que des mesures politiques publiques soient prises afin que les disparités créées par l’esclavage en matière de race et d’ethnicitté diminuent. Dix ans plus tard, un système de quotas raciaux fut mis en place afin d’atténuer les fortes inégalités raciales présentes dans tous les secteurs de la société brésilienne. Depuis le début de ce programme, le taux d’étudiants Noirs qui parviennet à obtenir un diplôme universitaire est passé de 4% à 20%. En dépit de certains aspects problématiques et de son insuffisance, le système de quotas raciaux représente néanmoins un progrès par rapport à l’inaction des présidents qui précédèrent l’ancien Président Lula et la Présidente actuelle Dilma, tous deux du Partido dos Trabalhadores (Parti des Travailleurs). Mais au lieu d’étendre et d’améliorer ces mesures correctives, Marina Silva propose, dans son programme, que ces mesures n’excèdent pas 10 ans. En effet, elle déclara récemment que le système de quotas raciaux ne pouvaient ètre qu’une mesure “temporaire, d’urgence et de réparation pour la dette historique et devant prendre fin à une date pré-déterminée.” La question qui demeure est la suivante: comment une société qui a profité des atrocités commises à l’encontre des Africains pendant quatre-cinquièmes de son existence, peut-elle imaginer réparer le tort commis en 10 ans seulement? Mais pour Marina Silva, cela est possible, car telle est l’étendue de son insanité et de son obscénité.

Qui plus est, ignorant parce que cela lui convient le fait que la religion africaine a constitué l’elément principal de notre résistance pendant l’esclavage et que c’est grâce à elle que nous sommes restés en vie, Marina Silva, elle-mème d’obédience évangéliste, déclara dernièrement que les religions africaines sont des sectes. Alors que chaque jour des Yialorixás et des Babalorixás (prêtresses and prêtres de la religion Candomblé) sont chassés de leur communauté par des trafiquants de droge et des églises évangéliques, et que des temples religieux africains sont détruits, Marina Silva a clairement indiqué à quel camp elle appartient. Il n’y a pas longtemps, elle a publiquement endorsé le Pasteur Marco Feliciano, un homme Noir qui ne sait pas qu’il est Noir, et qui est responsible d’une des ces milliers d’églises évangéliques qui sont en train de s’emparer du pays. Feliciano lui-même s’est révélé être l’un des plus grands agents de diabolisaiton des religions africaines lorsqu’il affirma que les Africans souffrent parce qu’ils sont les descendants d’un ancêtre qui aurait été maudit par le personage biblique Noe. Feliciano, qui a été le président de la Commission Nationale pour les Droits Humains, fut défendu par Marina Silva, et sans que cela puisse vraiment nous surprendre, il est un des principaux supporters de sa candidature, de même que Neca Setúbal, l’héritier d’une des plus grandes banques brésiliennes, et Geraldo Alckmin, l’actuel maire fasciste de la ville de São Paulo.
Nous n’avons par conséquent d’autre choix que de dénoncer Marina Silva, Feliciano, et toute autre personne qui présente un obstacle pour la libération africaine. Ces individus représentent une menace pour la renaissance de notre people et sont des traitres vis-à-vis de nos ancètres. Nous ne pouvons et nous ne soutenons pas un gouvernement qui cherche à démanteler les quelques, mais néanmoins importants changements obtenus jusqu’à maintenant afin d’ améliorer notre condition.

L’Unité est notre But, la Victoire est notre Destinée!

Lu 10443 fois Dernière modification le vendredi, 03 octobre 2014 03:00

Évènements

24
Mai
2018
AI 7TH ANNUAL CONVENTION

24 mai 2018 00:00 - 05 juin 2018 06:00

(Enregistrer dans le calendrier)

TBA





25
Mai
2017
Convention Annuelle d'AI

25 mai 2017 00:00 - 05 juin 2017 06:00

(Enregistrer dans le calendrier)





Online

Nous avons 1199 invités et aucun membre en ligne

Login